Les câbles

Encore un sujet polémique. Que n’a-t-on pas écrit comme bêtises sur des câbles qui auraient telles ou telles caractéristiques. Je ne pourrais dire quel est mon attrape-gogo préféré entre les câbles Ethernet audio (!), les fibres optiques à connecteurs plaqués or (!) et les multiprises magiques.

Reprenons donc les bases. Un câble est un conducteur électrique qui transporte de l’énergie, que ce soit l’énergie primaire (fournie par une prise murale) ou les signaux, et, la physique étant malheureusement ce qu’elle est, son fonctionnement est régi par un certain nombre de lois parmi lesquelles figurent :

  • la loi d’Ohm avec sa conséquence sur le bruit thermique ;
  • la loi de Friis ;
  • et quelques joyeusetés différentielles dues à la perspicacité d’un certain Maxwell.

Parlons tout d’abord des câbles véhiculant des signaux numériques. Un câble Ethernet ne sait pas s’il transporte des paquets IP contenant des données quelconques ou des échantillons de son. Si le câble est correct, tout se passera bien, nul besoin d’investir dans des câbles Ethernet dits audiophiles vendus à prix d’or. Cela n’apportera strictement rien, les données étant chiffrées et numériques, donc résistantes aux erreurs introduites par la transmission. Un bon câble blindé cat6 ou cat6a conviendra parfaitement. Attention à bien connecter les tresses de masse des deux côtés (sauf si les deux terres locales sont tirées de deux distributions différentes).

Pour les câbles classiques, le problème est un peu différent. Lorsque la puissance véhiculée par ces câbles est importante et que le câble est de section adéquate — typiquement 2,5mm2 pour 10A —, l’influence du câble sur la restitution est nulle. Soit les alimentations en gomment les effets, soit le signal est si fort que les perturbations qu’il induit sont négligeables.

En revanche, lorsque les signaux sont faibles, le débat est tout autre. La loi d’Ohm stipule que tout conducteur ayant une résistance propre, tout courant le traversant va provoquer un échauffement donc une augmentation du bruit thermique. Attention toutefois à ne pas confondre l’impédance caractéristique d’un câble avec l’impédance linéique qui sont deux notions totalement différentes et souvent mélangées car mal comprises. L’impédance caractéristique traduit la possibilité qu’a un câble de transmettre une puissance à une charge à haute fréquence alors que la résistance linéique correspond à la résistance du câble au sens de la loi d’Ohm.

En d’autres termes, il faut utiliser un câble aussi peu résistif au sens de la loi d’Ohm pour contrecarrer la formule de Friis qui stipule que le facteur de bruit d’un système amplificateur est en première approche le facteur de bruit de son premier élément, ici en l’occurrence, du câble.

Mais ce n’est pas tout. Maxwell nous apprend que la conformation spatiale du câble est importante. L’espace entre les deux conducteurs capte un flux magnétique qui induit des courants parasites dans ses conducteurs. Il est possible de réduire cette surface en utilisant des câbles torsadés ou des câbles coaxiaux. Notez tout de même que pour que ce courant soit préjudiciable, il faut tout de même que le flux magnétique soit variable. L’influence du flux magnétique de la dynamo terrestre, par exemple, ne peut provoquer aucune dégradation du signal.

Nul besoin donc de câbles polycristallins et oxygénés pour faire passer des électrons chauds, nul besoin de poudre de perlimpinpin ajoutée à la matière première, il suffit de bien dimensionner ses câbles et d’utiliser une conformation spatiale adaptée aux signaux que l’on veut transmettre.

Tout le reste est du charlatanisme.