Le fusible, ce sale type !

J’ai failli intituler cet article le coup du fusible. tant certains sont convaincus, intimement convaincus, que les fabricants de fusibles ne sont là que pour vendre des composants ruinant leur système de restitution.

Je pense avoir tout vu, des fusibles polarisés rhodiés, plaqués or, polarisés, à chaque fois vendus très chers parce que cela améliore sensiblement la restitution.

Je ne sais pas si cela améliore sensiblement la restitution sonore, mais ils allègent grandement les poches de ceux qui y croient.

À quoi sert donc un fusible ?

Un fusible est un élément de protection d’un circuit électrique. Il sert dans une certaine mesure à protéger le circuit en aval, mais le plus souvent, il est là pour protéger l’installation en amont d’un défaut du circuit en aval.

Comment fonctionne-t-il ?

Généralement, un fusible est constitué d’un fil légèrement résistif qui fond lorsque le courant qui le traverse dépasse son courant nominal. Ce fil peut-être enrobé d’un matériau ralentissant sa fusion ou de tout autre mécanisme pour le rendre rapide ou au contraire plus lent. Il n’est ni inductif, ni capacitif, juste un peu résistif pour permettre sa fusion.

Un fusible ne fond jamais à un courant donné. Il peut survivre plus ou moins longtemps à une surcharge, les fabricants fournissant des abaques pour chacune de leurs références.

Ainsi, un fusible donné pour un certain courant nominal va tenir ce courant sans fondre, donc sans chauffer. Ce n’est qu’en dépassant ce courant qu’il va se produire une élévation de la température aboutissant à sa fusion. Rien ne garantit la linéarité de la puissance développée en fonction du courant.

À la limite, si je veux être tatillon, je pourrais arguer de l’augmentation du bruit issue de l’augmentation de la température du fil. Ce serait ridicule car nous sommes déjà dans un fonctionnement anormal puisque le fusible n’a pas, en fonctionnement normal, à fondre, donc à chauffer.

Revenons au fusible classique, celui qui se présente sous la forme d’une cartouche. Ce fusible se trouve généralement sur l’arrivée secteur, donc sous plus de 100V alternatifs, 230V en France. Il voit donc passer un courant assez important, suffisant pour éviter toute oxydation dans un environnement classique puisque, après tout, nous ne sommes pas dans un environnement agressif. La tension est suffisante aussi pour arquer sur les débuts d’oxydation et les détruire. Et même dans un environnement un peu difficile, la pression du porte-fusible sur la cartouche est suffisante pour ne pas avoir de phénomène d’oxydation préjudiciable au fonctionnement de l’électronique.

Dans le cas où il y aurait tout de même oxydation, il faudrait de toute façon protéger toute l’électronique et non seulement le fusible par un traitement de surface.

Influence d’un fusible sur une alimentation

Bien malin celui qui prétend voir une différence à l’oscilloscope entre un fusible classique et fusible dit audiophile. En admettant même qu’il y ait une subtile différence, tous les accessoires (câbles d’alimentation, tranformateur, régulation...) auront une influence bien supérieure.

Par ailleurs, d’aucuns prétendent roder un fusible ou, plus étrangement, qu’il faut surdimensionner le calibre pour avoir un meilleur résultat. Le rodage est assez surprenant, ce ne sont pas des tubes. Quant à les surdimensionner, c’est parfait pour détruire entièrement un appareil au premier défaut. Encore une fois, un fusible tient un courant donné et ce n’est pas une résistance.