Un peu de théorie

Trop souvent, les schémas et les circuits des amplificateurs utilisant des tubes sont d’horribles bricolages insultant l’état de l’art et qui ne sont ni faits ni à faire. Trop souvent encore, la simple fiabilisation d’un amplificateur acheté à vil prix revient plus cher que l’achat d’un amplificateur d’une gamme supérieure.

Pour d’obscures raisons, les amateurs et les professionnels utilisent des schémas en s’arrêtant à ce qui était fait dans les années 1950. Or, durant les cinquante dernières années, l’électronique a fait d’énormes progrès, tant dans le domaine des transistors que dans celui des tubes électroniques.

Je trouve pour ma part inadmissible que des fabricants se permettent de vendre aujourd’hui à prix d’or des circuits ayant autant de lacunes sous prétexte d’ignorance — ce qui est encore pardonnable —, de dogmatisme — ce qui l’est déjà moins —, ou d’immobilisme technologique — ce qui ne l’est plus du tout pour des raisons détaillées plus bas.

Ces quelques rappels de la théorie ne sont pas ici pour rappeler les bases d’électronique car le tube est un composant assez compliqué à maîtriser — je n’ai pas la prétention d’en faire une description exhaustive en quelques pages —, mais pour pointer la plupart des limitations des circuits du commerce qui ne valent, pour la plupart, que l’idée que peut se faire de eux un acheteur un peut naïf.

Articles

Les alimentations

Depuis quelques années, les tubes électroniques, à l’instar de tous les composants électroniques, doivent respecter les normes RoHS, ce qui impose des contraintes sur leur fonctionnement. Je ne discuterai pas ici du bien fondé ou non de cette norme même s’il y aurait à dire. Je ne parlerai que de ses conséquences. En particulier, les revêtements émissifs des cathodes et les filaments ont sensiblement évolué. Si un tube des années 1950 ou 1960 de la série européenne E (chauffage en 6,3V) se contentait (...) Lire la suite »

Séquencement des alimentations

La littérature la plus claire sur la durée de vie des tubes électroniques et leur fiabilité est sans nul doute le livre de Robert B. Tommer paru en 1960 intitulé Getting the most out of vacuum-tubes et paru chez Howard W. Sams & Co, NY. Robert B. Tomer savait de quoi il parlait. Il était ingénieur en chef chez CBS et auteur d’une bonne dizaine d’ouvrages de référence sur les tubes électroniques et leur mise en œuvre.
Malheureusement, force est de constater que plus de cinquante ans après la (...) Lire la suite »

Commutation des charges

L’intérêt d’un amplificateur à tube est de posséder une forte impédance de sortie. Chaque avantage ayant un revers de médaille, cela impose presque à coup sûr une sortie au travers d’un transformateur permettant d’adapter l’impédance de sortie de l’étage de puissance à l’impédance d’un haut-parleur.
Il est possible de s’affranchir d’un transformateur de sortie au prix de montages complexes, mais dans l’immense majorité des amplificateurs, l’attaque des haut-parleurs se fait au travers d’un transformateur.
Or (...) Lire la suite »

Le facteur d’amortissement

Que n’a-t-on pas lu sur le facteur d’amortissement ? Il paraît que plus il est grand, meilleur est l’amplificateur. C’est parfaitement lacunaire et généralement inexact.
En préambule, je vous livre ce que pense Roger Russel (de McIntosh) du facteur d’amortissement :
Good Amplifiers Can Sound the Same
A report was made by Ian Masters in the January 1987 issue of Stereo Review titled “Do All Amplifiers Sound the Same” It describes extensive listening tests made by David L. Clark demonstrating that (...) Lire la suite »

Le dogme de l’électronique sur châssis

Traditionnellement, jusqu’aux années 1960, les circuits utilisant des tubes à vide étaient câblés sur châssis. L’électronique sur châssis est assez simple : les composants sont montés sur des supports qui sont à leur tour montés sur des plots isolés d’un châssis métallique, les autres composants étant soudés sur des plots entre ces composants actifs.
Pour un récepteur radio des années 1930 avec deux ou trois tubes et une poignée de composants passifs, c’était encore utilisable. Pour un circuit d’amplificateur (...) Lire la suite »

Le problème du bias

Dans le cas des amplificateurs de classe AB, il est classique de trouver un réglage du bias, c’est-à-dire un réglage permettant d’équilibrer les voies gauche et droite de l’amplificateur ainsi que les deux tubes d’une même voie.
Ce réglage se fait grâce à des potentiomètres multitours et est traditionnellement achevé au point de colle. L’immense majorité des circuits de réglage de bias est mauvais en ce sens qu’une rupture du doigt d’un potentiomètre peut aboutir à la destruction des tubes par défaut de (...) Lire la suite »

Filtrée, régulée, à faible bruit, linéaire ou à découpage ?

Je ne vais pas être très consensuel, ce débat sur les alimentations est un grand débat inutile alimenté par des marchands de soupe et des ignorants. Souvent alimenté par une écoute subjective, il fait polémique.
Je ne prétends pas que des alimentations à faible bruit sont inutiles, loin de là, mais elles ne sont pas pertinentes dans le domaine du son.
Malgré cela, chaque spécialiste « audiophile » ou prétendu tel y va de sa petite alimentation à faible bruit, faible bruit qui est toujours annoncé en µV. (...) Lire la suite »

Le fusible, ce sale type !

J’ai failli intituler cet article le coup du fusible. tant certains sont convaincus, intimement convaincus, que les fabricants de fusibles ne sont là que pour vendre des composants ruinant leur système de restitution.
Je pense avoir tout vu, des fusibles polarisés rhodiés, plaqués or, polarisés, à chaque fois vendus très chers parce que cela améliore sensiblement la restitution.
Je ne sais pas si cela améliore sensiblement la restitution sonore, mais ils allègent grandement les poches de ceux qui y (...) Lire la suite »

Les câbles

Encore un sujet polémique. Que n’a-t-on pas écrit comme bêtises sur des câbles qui auraient telles ou telles caractéristiques. Je ne pourrais dire quel est mon attrape-gogo préféré entre les câbles Ethernet audio (!), les fibres optiques à connecteurs plaqués or (!) et les multiprises magiques.
Reprenons donc les bases. Un câble est un conducteur électrique qui transporte de l’énergie, que ce soit l’énergie primaire (fournie par une prise murale) ou les signaux, et, la physique étant malheureusement ce (...) Lire la suite »